La formation infirmière en France va connaître une refonte majeure. Le nouveau référentiel, attendu depuis plusieurs années, vise à mieux adapter les compétences des futurs infirmiers aux réalités du terrain et aux besoins du système de santé. En tant que professionnel intéressé par cette évolution, j’ai voulu comprendre concrètement ce que cela va changer pour les étudiants, les formateurs et les établissements.
👉 L’article en résumé :
Pourquoi repenser la formation infirmière
Le précédent référentiel, en vigueur depuis 2009, ne correspondait plus aux exigences actuelles du métier. Depuis, le contexte sanitaire, technologique et sociétal a beaucoup évolué : vieillissement de la population, augmentation des maladies chroniques, développement du numérique, travail en équipe pluridisciplinaire…
Cette réforme vise donc à mieux préparer les futurs infirmiers à leurs missions actuelles et futures. Le but est de renforcer leur autonomie, leur capacité d’analyse, et de revaloriser la profession dans la hiérarchie des métiers de santé. La formation sera également plus connectée à l’université, afin d’offrir un cadre académique solide tout en conservant une forte dimension pratique.
Ce que prévoit le nouveau référentiel
Une durée et une organisation repensées
La durée de la formation reste fixée à trois ans, mais le contenu sera densifié. Le nouveau référentiel prévoit environ 400 heures supplémentaires de formation, réparties entre enseignement théorique et stages. L’idée est d’améliorer la qualité de l’apprentissage sans allonger la durée globale du cursus.
La réforme devait initialement entrer en vigueur à la rentrée 2025, mais elle a été repoussée à septembre 2026 pour laisser aux IFSI et aux universités le temps de s’adapter. Cette période de transition permettra aussi de tester le nouveau programme avant sa généralisation à l’ensemble du territoire.
Des compétences élargies et modernisées
Les compétences seront désormais regroupées autour de cinq grands domaines :
Cette nouvelle approche met davantage l’accent sur la prévention, la santé mentale, la gériatrie, la prise en charge des maladies chroniques et l’usage des outils numériques en santé. Les stages seront eux aussi réorganisés : un passage en psychiatrie ou en gériatrie deviendra obligatoire, afin de mieux couvrir les réalités du terrain.
Les impacts pour les étudiants, formateurs et établissements
Pour les étudiants, cette réforme signifie une montée en exigence : le rythme sera plus soutenu, la charge de travail accrue et les attentes plus précises. En contrepartie, ils bénéficieront d’une formation plus complète et reconnue, alignée sur les standards européens.
Les formateurs devront également s’adapter : réécriture des modules, intégration de nouvelles thématiques, coordination avec les enseignants universitaires et adaptation des outils d’évaluation. Les formations pédagogiques pour les équipes IFSI vont se multiplier afin de suivre ce virage.
Du côté des établissements, cette refonte implique une organisation plus complexe. Les partenariats entre IFSI, universités et structures de soins devront être repensés. De nouveaux outils numériques seront déployés pour suivre les parcours étudiants et mieux évaluer les compétences acquises.
Comment bien se préparer à cette réforme
Je conseille à tous les acteurs de la filière de commencer à se préparer dès maintenant. Les IFSI peuvent anticiper en révisant leurs maquettes, en organisant des groupes de réflexion et en formant les équipes à la pédagogie par compétences.
Les étudiants, eux, gagneront à se renseigner sur les nouvelles compétences à maîtriser et sur les changements de stages à venir. Cette anticipation leur permettra d’aborder plus sereinement le passage au nouveau référentiel.
Conseil de pro : si vous êtes déjà en poste ou en formation, ne sous-estimez pas l’importance des compétences numériques et de la coordination interprofessionnelle. Ces deux aspects seront au cœur du futur métier d’infirmier et représenteront une véritable valeur ajoutée sur le terrain.
Le nouveau référentiel infirmier 2025 marque un tournant décisif pour la profession. Il traduit une volonté de moderniser la formation et de mieux valoriser les compétences acquises. Derrière cette réforme ambitieuse se cache un objectif clair : former des infirmiers capables de répondre aux défis d’un système de santé en pleine mutation, tout en plaçant le patient au centre du soin.

Je m’appelle Marco, et je m’intéresse de près aux enjeux du business, de la finance et de l’emploi. Avec Zone Business, je partage des conseils accessibles et des analyses utiles pour accompagner les professionnels et les curieux du monde économique.






